Nos approches

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L'EMDR

L'EMDR est une approche psychothérapeutique recommandée par la HAS et mondialement reconnue par la communauté scientifique pour son efficacité dans le traitement des troubles post-traumatiques.

Elle permet de travailler et retraiter en profondeur les traumatismes et blocages émotionnels qui peuvent entraver le bien-être d'un individu.

Cette thérapie a été développée par Francine Shapiro dans les années 1990. En effet, F. Shapiro marchant dans un parc, en proie à des pensées négatives avec les émotions associées, a fait l’observation suivante : « J’ai remarqué que certaines pensées perturbantes avaient soudainement disparues. J’ai noté également que lorsque je ramenais ces pensées à la conscience, elles avaient perdu de leur force de persuasion et des émotions l’accompagnant, (…) et ce sans aucun effort conscient. Fascinée, j’ai commencé à porter attention à la manière dont cela se déroulait et j’ai remarqué que j’avais spontanément bougé mes yeux, horizontalement et en diagonale, le long du chemin. (…) En pensant alors délibérément à différentes pensées perturbantes, des souvenirs difficiles, et en bougeant les yeux, je me suis rendue compte que ces pensées disparaissaient également et que les souvenirs perdaient de leur charge émotionnelle. » (Shapiro, 1995).

Cela a été le point de départ pour Francine Shapiro, en doctorat de psychologie, de faire un travail de recherche avec près de 70 personnes pour créer un protocole qui pourrait être utilisé dans la recherche sur la diminution de l’anxiété.

Le modèle de pensée qui guide le clinicien en EMDR est celui du Traitement Adaptatif de l’Information (TAI).

Ce postulat se fonde sur les capacités naturelles d’autoguérison de l’organisme.

Conformément à la métaphore d’une blessure légère, que le corps guérit sans mal pour ne laisser qu’une cicatrice, le psychisme aurait cette capacité de métaboliser les événements de la vie. Tant que la personne se trouve suffisamment en sécurité, que les conditions de l’environnement sont suffisamment bonnes pour ne pas avoir à déclencher des réactions de survie, le psychisme assimilerait ainsi les expériences du quotidien, pour en faire des apprentissages utiles.

Tout comme une blessure qui, si elle est trop importante, ne guérit pas spontanément et mène à des complications ou laisse un dysfonctionnement, cette analogie se poursuit sur le plan psychique : si un événement dépasse les habiletés d’intégration du psychisme, s’il est trop débordant sur le plan émotionnel et physiologique, pendant trop longtemps, alors le corps a recours à des réactions de survie, qui d’une part, empêchent cette métabolisation, d’autre part donnent lieu à des réactions non adaptatives, c’est-à-dire que la personne n’en ressort pas mieux armée pour le futur, mais au contraire blessée.

Cette blessure se montre par une sensibilité exacerbée face à des éléments enregistrés le plus souvent de manière implicite (p. ex. un mot, une date, un claquement de porte), qui provoque une réaction corporelle irrépressible (p. ex. la fuite, la sidération), un évitement plus ou moins important, des pensées négatives (p. ex. je ne vaux rien, je ne peux rien faire), des reviviscences sous forme d’images, de sons, de cauchemars, de réactions corporelles (p. ex. le cœur qui s’emballe).

Un état de stress post-traumatique peut provenir d’un événement unique (p. ex. un accident), mais nous savons aujourd’hui qu’il n’a pas été nécessaire de rencontrer le réel de la mort, pour qu’un réseau neuronal traumatique ne se forme.

Des maltraitances répétées, des pertes importantes, un manque de protection sont autant de sources traumatiques qui, dans la plupart des cas, ne se résorbent pas spontanément. Une expérience vécue comme traumatique résiste au temps, c’est-à-dire que l’événement a beau dater de plusieurs années, voire de décennies, la réaction face au déclencheur met le corps et le psychisme de la personne dans un état comme s’il se passait au présent. Francine Shapiro ose le postulat de dire que tout symptôme provient d’un réseau de mémoire avec des informations stockées de manière dysfonctionnelle.

L’EMDR se fonde donc sur l’hypothèse que tout dysfonctionnement psychologique ou psychosomatique qui provient d’expériences de vie peut être traité en abordant la mémoire à l’origine de cette expérience et les réseaux de mémoire associés, même si ces derniers ont émergé plus tard dans la vie.

Le thérapeute s’étant doté de l’EMDR dans sa pratique va avoir tendance à d’abord proposer une désensibilisation de la charge émotionnelle datant de l’époque et influençant de manière négative ce qui se passe actuellement, et favoriser la remise en route des capacités d’autoguérison, de façon à permettre des conditions optimales pour qu’un changement puisse se faire et perdurer.

Les objectifs de l’EMDR sont de permettre au cerveau de remanier des souvenirs traumatiques s’accompagnant d’une véritable résonance physique pour les métaboliser et le libérer ainsi d’une charge émotionnelle inadaptée qui ne correspond plus au moment présent.

La potentialité de l’EMDR à désensibiliser un patient d’un souvenir traumatique et de réduire son niveau d’anxiété s’obtient par un travail de stimulations bilatérales alternées qui se fait le plus souvent avec des mouvements oculaires, mais qui peut se réaliser aussi avec des petits tapotements sur les cuisses ou les épaules ou encore par l’alternance de bruits dans chaque oreille.

La modification de la perception de l’évènement se manifeste par l’amélioration significative des pensées négatives associées aux souvenirs traumatiques et parallèlement par l’augmentation d’une auto-croyance positive.

L’EMDR part du postulat que le psychisme a la faculté de digérer la majorité des vécus traumatiques, mais que certains d’entre eux vont se figer dans des réseaux mnésiques, générant ainsi un ensemble de pensées, d’émotions et de sensations pathologiques.

Le protocole EMDR

L’approche EMDR classique est un procédé qui se décline en 8 phases :

1. Le recueil de l’histoire du patient et la planification du traitement.

2. La stabilisation et la préparation au travail sur le traumatisme.

3. L’évaluation du réseau traumatique abordé.

4. La désensibilisation de l’événement choisi.

5. L’installation d’une croyance positive à propos de soi.

6. Le scanner du corps.

7. La clôture de séance.

8. La réévaluation à la prochaine séance.

Les phases 1, 7 et 8 sont communes à toute thérapie, en principe. La phase 2 concernant la stabilisation est la pierre angulaire d’une thérapie psychotraumatologique réussie. Les phases 3 à 6 sont très spécifiques au protocole EMDR standard.

La durée de la prise en soin se compte approximativement en 5 à 15 séances de 45 min à 90 min.

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Les TCC

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Les TCC (thérapies cognitivo-comportementales) sont une technique de psychothérapie développée durant les années 1970 grâce à l’influence notamment de Pierre Janet en France, mais déjà pratiquées depuis 20 ans dans les pays anglo-saxons.

Elles sont recommandées et reconnues comme efficientes par la HAS

Elles se basent sur le modèle du conditionnement classique, opérant et vicariant comme un ensemble de lois régulant les conduites des êtres humains.

La Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC) est une thérapie brève qui vise à remplacer les idées négatives et les comportements inadaptés par des pensées et des réactions en adéquation avec la réalité.

Le postulat de base des TCC considère un comportement inadapté (par exemple une phobie) comme la résultante d'apprentissages liés à des expériences antérieures survenues dans des situations similaires, puis maintenus par les contingences de l'environnement.

La thérapie visera donc, par un nouvel apprentissage, à remplacer le comportement inadapté par un comportement plus adapté correspondant à ce que souhaite le patient. Le thérapeute définit avec le patient les buts à atteindre et favorise ce nouvel apprentissage en construisant une stratégie thérapeutique adapté.

Les thérapies comportementales et cognitives se distinguent ainsi des autres thérapies par certaines caractéristiques :

  • L’accent mis sur les causes actuelles du comportement problème

  • Le changement durable du comportement est évalué, et considéré comme un critère majeur de réussite de la thérapie

  • Les procédures de traitement sont décrites objectivement et sont donc reproductibles par d’autres thérapeutes pour des patients ayant des difficultés similaires

Les études montrent une nette efficacité des TCC :

  • Dans la prise en charge des troubles anxieux (TOC, phobie sociale, phobie spécifique, TAG, agoraphobie et trouble panique, ESPT), associées ou non à un traitement médicamenteux

  • Dans la prise en charge des troubles de l'humeur, associés aux antidépresseurs pour les formes les plus sévères et plus efficaces seules dans les formes les plus atténuées.

  • Dans la prise en charge de la schizophrénie et des TED notamment sur les aspects de remédiation, d’acquisition des habiletés sociales et de la gestion des émotions.

Rappelons que les TCC, ne résolvent pas miraculeusement tous les problèmes, mais qu’elles sont avant tout issues d'une approche transdiagnostique que le thérapeute a pu mener.

Cela va lui permettre de proposer les outils les plus adaptés au regard des différents objectifs définis avec à son patient dans le cadre de la relation thérapeutique en vue d’améliorer sa qualité de vie.

Les thérapies dites de la troisième vague, aussi appelées thérapies contextuelles, appartiennent au courant de la TCC:

  • Plutôt que de viser à changer les événements psychologiques (émotions, pensées…) directement, elles visent à changer la fonction de ces événements et la relation de la personne avec ceux-ci afin de maintenir une capacité d'adaptation au contexte vécu.

  • Exemples de thérapie de troisième vague : la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), la thérapie centrée sur la compassion, la mindfulness (méditation pleine conscience) etc.

Un concept important dans toutes ces thérapies est celui de la pleine conscience (aussi appelée présence attentive ou mindfulness).

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Mindfulness

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La mindfulness thérapeutique est une approche scientifiquement validée, qui agit sur le stress, les émotions et les comportements en favorisant une présence attentive et bienveillante. Elle ne se contente pas de réduire les symptômes, mais elle permet également un profond développement personnel et une meilleure qualité de vie.

Elle a été popularisée par Jon Kabat-Zinn, professeur de médecine, qui a développé le programme de Réduction du Stress Basée sur la Pleine Conscience (MBSR) dans les années 1970. Kabat-Zinn s’est appuyé sur des pratiques méditatives, qu’il a reformulées dans un cadre scientifique pour traiter le stress, les douleurs chroniques et d'autres troubles.

Par la suite, la pleine conscience a été intégrée dans plusieurs approches psychothérapeutiques modernes, comme :

La Thérapie Cognitivo-Comportementale Basée sur la Pleine Conscience (MBCT) : Utilisée pour prévenir les rechutes dépressives.

La Thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT) : Où la pleine conscience aide à accepter les expériences difficiles et à s’engager dans des actions en accord avec ses valeurs.

• Les approches pour les troubles alimentaires, l’anxiété, le TSPT et bien d’autres.

Les principes fondamentaux de la mindfulness thérapeutique :

1. Observation consciente : Observer de manière délibérée les pensées, les émotions et les sensations corporelles sans essayer de les éviter ou de les modifier.

2. Acceptation : Accueillir les expériences telles qu'elles sont, qu'elles soient agréables ou désagréables, et cultiver une attitude de curiosité bienveillante.

3. Désidentification des pensées : Reconnaître que les pensées ne sont pas des vérités absolues ni des reflets exacts de la réalité, ce qui réduit leur impact émotionnel.

4. Non-jugement : Suspendre les jugements automatiques sur soi-même et ses expériences, permettant de diminuer les réactions négatives conditionnées.

Mécanismes neurobiologiques et psychologiques :

La mindfulness thérapeutique agit sur plusieurs niveaux :

1. Neurobiologiques :

• Activation du cortex préfrontal : Renforce les fonctions exécutives comme la régulation émotionnelle, l’attention et la prise de décision.

• Réduction de l’activité de l’amygdale : Diminue la réactivité au stress et aux menaces perçues.

• Neuroplasticité : Les pratiques de mindfulness entraînent des changements structurels dans des zones du cerveau associées à l'attention, à l'empathie et à la gestion émotionnelle.

2. Psychologiques :

• Réduction des ruminations mentales : La pleine conscience aide à briser les cycles de pensées négatives répétitives.

• Amélioration de la régulation émotionnelle : En observant les émotions sans se laisser submerger, on gagne en clarté et en calme face aux situations difficiles.

• Amélioration de la conscience corporelle : Une attention accrue aux sensations corporelles peut aider à détecter et à prévenir des états de stress ou des troubles psychosomatiques.

3. Comportementaux :

• La mindfulness permet de développer des réponses plus réfléchies aux événements, en réduisant les réactions automatiques impulsives.

• Elle aide à créer de nouvelles habitudes positives en augmentant la conscience de ses schémas de pensée et de comportement

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L'apport de la psychanalyse

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Aujourd’hui psychanalyse est une approche qui considère la subjectivité du sujet à l'état brut sans sombrer dans, ce que la psychothérapie moderne, appelle la "technique thérapeutique".

Considérant l'être humain comme plus vaste qu'un simple agrégat de maux et de symptômes, elle permet une exploration des blocages inconscients où le bien-être n'est pas une visée directe mais s'obtient "de surcroit".

La psychanalyse n'est donc pas une "méthode bien-être" mais elle invite à une exploration particulière du psychisme pour investiguer les processus mentaux et contourner les blocages inconscients.

C’est Freud qui va développer la psychanalyse entre 1895 et 1905

Il va en effet être le premier à considérer l’inconscient comme terrain d’étude du comportement humain.

La découverte de cet inconscient deviendra ensuite une technique thérapeutique, puis une nouvelle théorie du psychisme humain, fondée sur l'idée d'un inconscient dominé par la pulsion sexuelle.

Freud va ainsi mettre au point un procédé thérapeutique qu’il nomme « la méthode cathartique » utilisant l’hypnose, l’électrothérapie et la parole.

Il s’agit de « la talking cure » : cure de la parole dont le but est de mettre la parole au centre des suivis afin d’en obtenir une libération émotionnelle (l’abréaction).

Plusieurs notions vont être ainsi développées au sein de la psychanalyse comme :

• La notion du transfert surgissant dans la relation thérapeutique.

Qui serait la projection de sentiments ou de désirs du patient sur son thérapeute. Ainsi, le patient ou la patiente reproduit un sentiment connu, ainsi que des émotions familières, envers la personne qui l'écoute. La thérapeute peut ainsi être mis inconsciemment pour le patient à la place du père, de la mère, du conjoint au fur et à mesure du suivi de la thérapie et de la réactualisation de son histoire.

• L’hypothèse de l’inconscient : une instance échapperait à la conscience du sujet et déterminerait en grande partie les conduites humaines. On retrouve dans l’inconscient les éléments qui ont été l’objet du refoulement. Les contenus refoulés de l’inconscients reviendraient à la conscience sous diverses façons comme les lapsus, les actes manqués, les rêves etc.

• La méthode des associations libres : qui est le fondement du dispositif analytique : la consigne est de demander au patient de dire tout ce qui lui passe par la tête afin d’avoir ainsi accès aux contenus refoulés à l’origine des symptômes refoulés. Ceci intervient avec tout un système d’interprétation du refoulé mis en place peu à peu par Freud.

• La notion de pulsion. La pulsion est une énergie psychique possédant une origine corporelle, un but : la satisfaction, un besoin de s’exprimer (elle cherchera toujours à sortir), et un objet : ce avec quoi la pulsion va se satisfaire. Les mouvements pulsionnels sont supportés par des processus neurobiologiques et endocriniens dont nous n’avons pas de connaissance précise.

• La modélisation de l’appareil psychique et leurs instances psychiques

- Le Ça : qui est le réservoir de toutes les pulsions  qui est entièrement inconscient, régit par les principes primaires de plaisir.

- Le Surmoi : qui est « la voix de la conscience » : la somme des exigences éthiques, intériorisation des interdits, des règles, des lois sociales et parentales  qui est en partie inconsciente, mais qui a une partie consciente (on peut nommer une partie des interdits)

- Le Moi : instance de la raison. Il a la charge d’établir un compromis entre les pulsions contenues dans le ça, les exigences surmoïques et le monde extérieur. Le Moi recherche toujours le plaisir – la satisfaction et donc utilise de nombreux mécanismes de défense, donc il est le siège : il est partiellement conscient (les perceptions immédiates) et partiellement inconscient (les mécanismes de défense).

• La modélisation du rêve :

- Pour Freud, le rêve a un statut de symptôme : il réalise un désir inconscient tout en s’en défendant

- Pendant le sommeil, l’individu se coupe de la réalité et la vie psychique s’exerce sans que la réalité intervienne.

- C’est pour Freud la voie royale pour l’inconscient

- Il y a dans le rêve le contenu manifeste (ce qui est consciemment rappelé) et le contenu latent (le sens caché).

Les différents courant de psychanalyse à la suite de Freud

• C. Jung, le premier, diverge de Freud en contestant le caractère sexuel de la libido, puis en introduisant un inconscient collectif, réceptacle d’archétypes. Le travail psychothérapique prend une allure directive. Le patient part à la recherche de lui-même en renouant avec ses archétypes.

• A. Adler met l’accent sur le complexe d’infériorité. W. Stekel prône des cures courtes, avec un thérapeute plus actif.

• O. Rank soutient la place privilégiée du traumatisme de la naissance. Pour G. Groddeck, l’inconscient se loge dans le somatique.

• S. Ferenczi souligne l’importance des premières relations mère-enfant et, de ce fait, modifie la cure dans un sens plus maternant. L’influence de ces premiers psychanalystes reste variable, mais réelle.

• Mélanie Klein, qui s’intéresse au monde fantasmatique du nourrisson et ouvre la voie à l’abord psychanalytique de la psychose

• J. Lacan qui, en réaction à une dérive psychologisante de la psychanalyse freudienne et à son orientation croissante vers des thérapeutiques prothétiques du moi, propose un « retour à Freud » et une relecture de l’inconscient freudien, qu’il démontre être « structuré comme un langage ».